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Les Tori no Ichi - 酉の市, ces marchés de novembre pour acheter des râteaux de la chance au Japon.

  • Photo du rédacteur: Jade G
    Jade G
  • 9 févr.
  • 3 min de lecture
Photo de Fumiaki Hayashi via Unsplash.
Photo de Fumiaki Hayashi via Unsplash.
Tradition japonaise datant de l'époque Edo (1603–1868), les marchés Tori no Ichi se déroulent en jour du coq de l’ancien calendrier du zodiaque japonais. Véritable vente festive qui prend notamment place dans les rues du temple Ōtori jinja - 大鳥神社. Occasion qui se produit tous les 12 jours en novembre, ce qui reporte à deux ou trois fois en un mois selon les années.
L'achat d’un Kumade - 熊手, ce râteau traditionnel en bambou ornementé censé, de nos jours ratisser la chance et la prospérité commerciale. Aujourd'hui, cet événement prend place comme une tradition plutôt que comme une célébration religieuse et il revêt une place importante dans la culture japonaise pour les fêtes de fin d'année, où des Kumade sont parfois vendus à des prix faramineux pendant les froides nuits d'hiver.

Deux légendes se mêlent et de la naquit le festival :


De l’ancien sanctuaire Ōwashi - 鷲神社 aujourd'hui dans l'arrondissement d'Adachi, est née une tradition à l’époque Edo. Les agriculteurs avaient pour habitude d’offrir des poulets lors de la fête des récoltes, à la divinité protectrice des récoltes et de la prospérité : Washi Daimyōjin - 鷲大明神. Le poulet étant un symbole de prospérité, les agriculteurs espéraient attirer la chance et une bonne récolte pour l'année à venir grâce à ces offrandes. Ce sanctuaire aurait par la même occasion connu la première célébration du Tori no Ichi sous forme de marché où les agriculteurs pouvaient vendre leurs marchandises afin de payer leurs dettes annuelles.

D’un autre côté, au sanctuaire Ōtori jinja à Asakusa, la légende raconte que Yamato Takeru no Mikoto - 倭建命 (72-114 après JC), héros de guerre japonais, serait venu accrocher un râteau appelé Kumade en japonais, en guise d’offrande après une campagne victorieuse, ce jour, ce fût être un jour du coq.
Mais quel lien lis les deux traditions ? L’ancien sanctuaire Ōwashi et le sanctuaire Ōtori, où les plus grands marchés Tori no Ichi sont célébrés aujourd'hui semble tenir au fait que le culte de la divinité Washi Daimyōjin fût déplacé au sanctuaire Ōtori d'Asakusa, ainsi que les offrandes faites à la divinité.

L'évolution d’une croyance ayant contribué à la naissance des marchés Tori no Ichi :


Le fait que le sanctuaire Ōtori-jinja consacre à la fois un culte pour le héros de guerre Yamato Takeru ainsi que pour la divinité des récoltes, Washi Daimyōjin, a su rassembler les partisans qui ont vu dans le râteau un symbole, celui de ratisser chance et prospérité pour l'année à venir. Au fil des années l'agriculture dans la capitale occupant une place moins importante et étant petit à petit remplacée par de nombreux commerces soucieux de prospérer, cette tradition prit un tournant différent. Aujourd'hui, ce sont presque exclusivement les commerçants qui viennent participer à ces marchés pour acheter de beaux Kumade qui viendront orner leurs boutiques. Ces magnifiques râteaux sont revêtus des plus beaux ornements forts de symbole de la chance, on retrouve des Maneki neko “chat qui invite”, des daurades qui symbolise l’abondance, des barils de saké pour la célébration et divers talismans et amulettes pour bénéficier de la protection des divinités. Le Kumade sera conservé un an, l'année suivante, il sera ramené au sanctuaire afin d'être brûlé lors d'un rite de purification qui a lieu en janvier et qui est appelé Dondoyaki - どんど焼き.

Photo de tomiky b via Unsplash
Photo de tomiky b via Unsplash

Les Kumade un rite qui commence dès leur obtention :

Ainsi prends place chaque mois de novembre la célébration de Tori no Ichi, les marchés dureront chaque fois 24h, mais selon les locaux, c'est dès minuit que la vraie célébration commence, il est vivement conseillé d'aller y faire un tour à cette heure-ci si vous souhaitez assister à l'animation qui bat son plein. Le marché vous sera accessible que vous achetiez ou non des Kumade. La conclusion d’une vente vaut vraiment le détour et elle est rythmée par des coutumes particulières. Pour acheter un Kumade, il vous faudra absolument négocier le prix avec le vendeur. Ceci étant fait, payez en liquide la somme initiale non négociée et si le vendeur vous rend de la monnaie, refusez. À quoi bon négocier me diriez vous ? Et bien, sachez que plus l'écart entre le prix d'origine et le prix négocié représente en fait le montant de votre chance pour l'achat de ce Kumade. Une fois l’achat conclu participez à l’amusante tradition du tejime - 手締め. En effet, chaque fois qu’un Kumade est vendu, c’est le tejime, une série d’applaudissements entre le vendeur et l’acheteur sur un rythme 3-3-3-1, symbole du début d’un cycle de prospérité. Les Kumade les plus impressionnants et coûteux, suscitent des applaudissements encore plus enjoués ce qui ajoute un côté encore plus festif à cette célébration.

Alors, si tu viens au Japon en novembre, penses-tu te rendre à un Tori no Ichi - 酉の市 ?

 
 
 

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